15 solutions pour améliorer le système de santé et de services sociaux

 

L’Alliance des patients pour la santé, l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux, l’Association médicale du Québec et la Confédération des syndicats nationaux s’unissent pour proposer #15solutions pour l’amélioration du réseau de la santé.

J’APPUIE

Voyez lintégrale de la conférence de presse du 23 octobre 2017.

Le système de santé et de services sociaux mis en place au Québec dans les années 1970 repose sur des valeurs de justice sociale et de solidarité, de telle sorte que l’accès aux services soit en fonction des besoins de l’individu plutôt que de sa capacité de payer. La Loi sur les services de santé et les services sociaux assure à toute personne le droit de « recevoir des services de santé et des services sociaux adéquats sur les plans scientifique, humain et social, avec continuité, et de façon personnalisée et sécuritaire ». Elle spécifie également que « toute personne a le droit de choisir le professionnel ou l’établissement duquel elle désire recevoir des services de santé ou des services sociaux ».

Devant les problèmes persistants du système de santé et de services sociaux, plus particulièrement au niveau de la 1re ligne, des organismes dont la culture, la mission et les positions sont parfois divergentes, ont jugé nécessaire d’unir leurs voix et de proposer des solutions qu’ils estiment essentielles pour le bien-être et la santé des patients et de la population, de même que pour contribuer à la pérennité du système. Notre partenariat est inhabituel. Nous souhaitons que la classe politique, en cette année préélectorale, prenne conscience qu’il faut intervenir pour améliorer l’organisation, la gouvernance, les modes de financement et de rémunération, la prestation des services de santé et des services sociaux, de même que la prévention des problèmes de santé.

C’est en 1984 que le gouvernement du Canada, afin de protéger la population contre les excès de surfacturation et les frais imposés aux usagers pour des services médicaux, a adopté la Loi canadienne sur la santé, s’appuyant sur cinq principes : universalité, accessibilité, intégralité, transférabilité et gestion publique.

Bâti à partir d’un modèle centré sur les soins aigus, notre système peine maintenant à répondre adéquatement aux exigences découlant de la croissance des maladies chroniques associées au vieillissement de la population, aux changements socioéconomiques et aux habitudes de vie. Les besoins sont devenus plus complexes, les pratiques professionnelles ont évolué et font appel à des thérapies et à des technologies nouvelles, plus coûteuses. La santé et les services sociaux accaparent 50 % du budget de l’État. Si nos dépenses totales, publiques et privées, pour la santé sont inférieures, per capita, à la moyenne canadienne, elles sont supérieures en proportion de notre PIB.

Au printemps 2017, le Québec a protesté, à juste titre, contre la méthodologie utilisée par le gouvernement fédéral dans le calcul des transferts en santé. Le gouvernement québécois a affirmé qu’il vaudrait mieux que ces transferts s’appuient sur les besoins réels des populations des provinces et qu’ils tiennent compte, par exemple, du vieillissement de la population, des besoins pour les malades chroniques, pour la santé mentale, pour les jeunes en difficulté, etc.

Par ailleurs, depuis 25 ans, les réformes du système de santé québécois se succèdent et s’empilent, les unes sur les autres, modifiant les structures organisationnelles, la gouvernance du réseau et les modèles de prestation de soins. La dernière centralise les pouvoirs et confère à quelques personnes seulement une mainmise absolue et sans appel sur l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux. Cette centralisation s’opère sans égard aux patients, aux communautés locales et aux divers intervenants du réseau, et les prive de moyens pour faire entendre leur voix quant aux décisions qui les concernent.

Ces changements, décrétés au nom du bien-être des patients, visent l’accès et la continuité des soins et services, mais leurs fruits se font encore attendre. Comme le signalait le Commissaire à la santé et au bien-être de l’époque, Robert Salois, en août 2016 : « dans l’ensemble, le système de santé et de services sociaux du Québec offre des soins de haute qualité. Cependant, on constate une problématique majeure quant à l’accessibilité des services et à la continuité des soins, comparativement à d’autres provinces ou pays comparables ». En janvier 2017, nouveau rapport du Commissaire, même constat.

L’Alliance des patients pour la santé, l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux, l’Association médicale du Québec et la Confédération des syndicats nationaux proposent ces 15 solutions pour l’amélioration du réseau de la santé:

 

LES 15 SOLUTIONS

LA PREMIÈRE LIGNE DE SERVICES

  • Transformer la culture organisationnelle et prioriser l’interdisciplinarité et les pratiques novatrices
  • Assurer le continuum de soins et de services, notamment en consolidant le rôle des CLSC
  • Améliorer et mieux financer les soins et les services aux aînés et aux personnes vulnérables

LA PRÉVENTION

  • Augmenter le financement de la santé publique en lui dédiant un pourcentage du budget global de la santé
  • Décentraliser la gestion des politiques de santé publique
  • Accroître les efforts de promotion des saines habitudes de vie

LE FINANCEMENT ET LA RÉMUNÉRATION

  • Réviser et stabiliser l’allocation des ressources, en particulier en se dotant d’indicateurs de performance et d’évaluation des besoins de la population
  • Revoir et rééquilibrer les modes de rémunération des médecins, ainsi que leurs incitatifs
  • Mettre en place un régime universel et public d’assurance-médicaments

LA GOUVERNANCE

  • Réviser les pouvoirs et le fonctionnement des conseils d’administration des établissements de santé et de services sociaux en les dépolitisant
  • Assurer une réelle participation citoyenne, notamment en créant un Comité national des patients et des mécanismes locaux de consultation
  • Maintenir la fonction de Commissaire à la santé et au bien-être, relevant de l’Assemblée nationale du Québec, en garantissant son indépendance et son financement

LA RELÈVE

  • Valoriser et rendre plus attrayantes les professions de la santé et des services sociaux
  • Améliorer l’image du réseau de la santé et des services sociaux
  • Développer et soutenir la cogestion avec le personnel en place, à tous les niveaux de la gestion clinique et administrative

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