POURQUOI EST-CE SI IMPORTANT D’ÊTRE LIBRE DE CHOISIR ?

Parce que ma santé est la chose la plus précieuse qui soit pour moi et mes proches.

Parce que comme partenaire de mon médecin et mon équipe soignante, je veux être informé et consulté sur la meilleure solution pour ma situation et mes besoins.

Parce que je ne veux pas qu’on m’impose un traitement ou que l’on change mon traitement sans mon consentement éclairé.

Voilà pourquoi l’Alliance des patients pour la santé vous a invité à signer la pétition qui a été déposée à l’Assemblée nationale du Québec.

Votre opinion est importante!

TEXTE DE LA PÉTITION POUR LE RESPECT DU CHOIX DU PATIENT CONCERNANT SA SANTÉ

CONSIDÉRANT la volonté de placer le patient au centre des décisions et l’importance qu’il soit en tout temps en mesure de consentir de manière éclairée aux choix qui lui sont proposés concernant sa santé;

CONSIDÉRANT QUE d’assurer la sécurité des patients est une obligation prévue par la Loi sur les services de santé et de services sociaux;

CONSIDÉRANT l’importance de respecter le choix du patient;

CONSIDÉRANT les impacts physiques et émotionnels d’un changement de thérapie imposé aux patients, que ce soit par substitution thérapeutique, générique ou par biosimilaire (produit biologique ultérieur);

CONSIDÉRANT QUE les produits biologiques sont omniprésents dans notre système de santé et utilisés fréquemment pour le traitement de plusieurs maladies, que leurs biosimilaires ne sont pas nécessairement bioéquivalents et interchangeables et que Santé Canada ne recommande pas la substitution automatique d’un produit de référence par son biosimilaire;

CONSIDÉRANT QUE l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux recommande que des programmes d’information sur le bon usage des médicaments biosimilaires soient mis à la disposition des patients;

Nous, soussignés, demandons au ministre de la Santé et des Services sociaux :

  • de reconnaître qu’un patient dont la maladie est bien traitée grâce à un médicament spécifique, qu’il soit biologique ou chimique, doit pouvoir exercer son libre choix et poursuivre ce traitement sans contrainte de changer sa médication;
  • de reconnaître que tout changement thérapeutique d’un médicament ne soit possible que par une décision éclairée et concertée du patient et de son équipe de soins.

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Le consentement éclairé

Cela représente, pour les patients, leur droit de devenir partenaire de leurs soins, et pour les professionnels, leur devoir d’impliquer le patient dans les décisions à prendre en s’assurant qu’il détienne et comprenne les informations nécessaires. Voici notre capsule explicative :


En 2015, l’Alliance des patients pour la santé avait pris position sur les produits biologiques ultérieurs. Nous vous invitons à relire l’énoncé de position.

Pour un supplément d’information, nous vous suggérons de lire l’article de Jacques Beaulieu, chroniqueur et communicateur scientifique pour le Huffington Post Québec, paru le 29 avril dernier sur ce même sujet :

 

 Médicaments biologiques ou biosimilaires?

Bien avant les médicaments, et ce depuis l’origine de l’homme, il y aura eu l’utilisation des plantes médicinales, des tisanes, décoctions, emplâtres et autres produits directement issu de ce que la nature pouvait offrir. Le médicament relève d’une étape bien plus récente. Il apparaît le jour où l’homme décide de devenir l’artisan, le créateur de molécules chimiques capables d’apporter soulagement et/ou guérison. En 1976, les méthodes allaient changer radicalement. De la synthèse chimique, nous allions passer à la fabrication de médicaments biologiques. Une jeune compagnie américaine révolutionne la fabrication de l’insuline par la biotechnologie. En modifiant l’ADN de certains micro-organismes et en y greffant les gènes codant pour la fabrication d’insuline chez l’homme, il devenait possible de synthétiser rapidement et efficacement une insuline humaine. Cette approche inédite, qui fut l’œuvre de Herbert Boyer, chercheur et cofondateur de Genentech, inaugure une ère nouvelle en fabrication de médicaments.

Le médicament biologique
Selon Santé Canada: «Les médicaments biologiques proviennent d’organismes vivants ou de leurs cellules et sont souvent fabriqués au moyen de la biotechnologie. On les utilise pour traiter des maladies et des états pathologiques, y compris l’anémie, le diabète, la maladie intestinale inflammatoire, le psoriasis, la polyarthrite rhumatoïde, le déficit hormonal et certaines formes de cancer. De façon générale, les médicaments biologiques sont plus vastes et plus complexes que les médicaments pharmaceutiques chimiques». (Réf. : Santé Canada fiche de renseignement, Médicaments biosimilaires)

La vie d’un médicament biologique
Comme cité dans un article précédent, il faut entre 10 et 15 ans de recherches entre l’idée de préparer un médicament biologique et son accessibilité pour le grand public. À ce moment, le médicament est breveté et il est interdit d’en faire toute copie pour une période de temps donné. Une fois le brevet expiré, il devient possible de fabriquer un produit semblable et de le mettre en marché. On parle alors de médicament biosimilaire ou encore de produit biologique ultérieur (PBU). Il ne s’agit pas d’une copie conforme du médicament biologique puisqu’il est impossible de copier exactement ce que peut produire un organisme vivant. Il ne s’agit pas ici d’une molécule chimique dont on peut reproduire la formule. Il s’agit, rappelons-le, d’un produit généré par l’action de cellules ou d’organismes vivants.

Les médicaments biosimilaires ne sont donc pas des copies des médicaments biologiques, ils y sont similaires, mais non identiques. Alors, pourquoi passer du biologique au biosimilaire?

C’est un médicament hautement plus complexe qu’un produit fabriqué chimiquement. C’est pourquoi nous ne parlons plus de générique ou de copie, mais plutôt d’un médicament bio «similaire». Il ressemble au médicament biologique, mais il n’est pas possible d’établir une correspondance identique entre le médicament biologique et le biosimilaire. C’est un peu comme un frère et une sœur. Ils peuvent avoir bien des similitudes, car ils peuvent partager plusieurs facteurs héréditaires, mais ils ne sont pas des jumeaux identiques. Et, techniquement parlant, même deux jumeaux identiques ne sont pas pareils en tous points. Il y a des différences entre eux, comme quoi, la biologie ne crée jamais de ressemblances totales. Les médicaments biosimilaires ne sont donc pas des copies des médicaments biologiques, ils y sont similaires, mais non identiques. Alors, pourquoi passer du biologique au biosimilaire?

Les raisons du changement.
La raison la plus valable, mais malheureusement la moins fréquente peut toucher aux résultats du traitement. Supposons que le traitement ne connaisse pas les succès escomptés, il y aura alors lieu d’essayer d’autres médicaments et parmi ceux-ci il pourra se trouver des biologiques et des biosimilaires.

Mais, il faut l’avouer, la plupart du temps la raison du changement est moins noble, elle est plutôt d’ordre monétaire. Dans un document intitulé: Analyse d’impact réglementaire. Projet de loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l’assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions législatives, document produit par le Ministère de la santé et des Services sociaux déposé le 14 novembre 2016, on peut lire en page 15, item 2,1: «Par ailleurs, il importe de favoriser l’entrée sur le marché de PBU (nota : lire des médicaments biosimilaires) par la mise en place d’un mode de remboursement privilégiant les PBU aux produits biologiques. (…) cette modification permettra au ministre de limiter, lorsque cela est opportun, la couverture accordée par le RGAM (nota : lire Régime général d’assurance médicaments) aux seuls PBU pour les patients qui n’ont jamais reçu le produit d’origine. Sélectionnés sur la base de données probantes, le ministre pourra également limiter la couverture offerte par le RGAM aux seuls PBU, et ce, même pour les patients qui ont déjà amorcé un traitement avec le produit biologique de référence.»

Et le patient?
Bien sûr, le Ministère doit prendre en considération les impératifs budgétaires, mais, lorsqu’il est question de choisir, le patient n’aurait-il pas son mot à dire? À l’ère où on demande de plus en plus au patient de devenir partenaire de sa santé, pourquoi ce partenariat cesserait-il lorsqu’il est question du choix de son médicament? Le patient de nos jours dispose d’une mine d’informations et peut établir un dialogue avec son médecin traitant et ses spécialistes pour décider des meilleurs choix thérapeutiques en toute connaissance de cause.

De plus, si pour certains le changement du biologique au biosimilaire n’a que peu ou pas d’effets perceptibles, pour d’autres il s’agit du retour à la case départ. M. Mel Wong, président de BioAlberta, un organisme de promotion des sciences de la vie et de la santé en Alberta soulignait bien à propos que pour bien des personnes, l’arrivée d’un nouveau médicament est le seul traitement efficace pour régler leur problème de santé. Prenons cet exemple des personnes souffrant de la maladie de Crohn.

Pendant des années, ils ont dû vivre avec toutes les limitations et douleurs que leur imposait cette maladie. Un nouveau médicament d’origine biologique qui supprime les symptômes et les intolérables poussées de la maladie peut signifier pour la première fois de leur vie, la fin des douleurs et même un retour sur le marché du travail. En réalité d’un côté de la balance se situe un être souffrant confiné à la maison et incapable de travailler et, sur l’autre plateau, un être libéré de ses souffrances et capable d’assumer sa place dans la société; en résumé: une vie de souffrance et de dépendance versus une vie sans ces souffrances et un emploi rémunérateur. Et c’est aussi pourquoi, nous ne sommes pas surpris d’apprendre dans un Rapport du projet sur les biosimilaires, daté du 17 mars 2017 que bien des patients s’inquiètent du passage du médicament biologique au biosimilaire imposé par le ministère. Ce rapport a été écrit par cinq organisations de patients qui se sont ralliées pour rendre ce projet possible: l’Alliance canadienne des arthritiques; le Réseau canadien du psoriasis; Crohn et Colite Canada; la Société GI (Gastro-Intestinale) et la Société de l’arthrite (responsable du projet). Ainsi, on peut y lire le témoignage émouvant de Gail, une résidante de Toronto, qui se raconte: «Arriver là où j’en suis a été difficile. Ce n’est pas parfait, mais changer de médicaments pour des raisons non médicales me fait peur. J’ai dû arrêter de prendre mon médicament biologique pour subir une opération et quand j’ai recommencé à le prendre, j’ai eu une réaction allergique grave. Je ne pouvais plus le prendre.» Un autre témoin, celui-là de Vancouver relatait: «Quand on trouve un traitement qui fonctionne, après que de nombreux médicaments ont échoué (et tout ce que suppose ce mot, les espoirs d’un patient et de sa famille détruits à de multiples reprises), la seule idée de se voir obligé de changer de médicament et de risquer sa santé est répugnante […]. Personne ne semble reconnaître le stress que cela cause au patient.»

Mais il semble que le message a commencé à être entendu. En effet, le ministre de la Santé de la Nouvelle-Écosse, M. Leo Glavine fut le premier à annoncer: «Le produit biosimilaire pour Remicade a été approuvé par Santé Canada, mais ne l’est pas encore pour être couvert par l’assurance médicament de la Nouvelle-Écosse pour le traitement de la maladie de Crohn et pour la colite. Nous espérons le couvrir aussi pour ces indications bientôt, mais aucun patient qui utilise présentement Remicade ne sera forcé de changer pour le biosimilaire.» ( The Chronical Herald, October 30, 2016 ; http://thechronicleherald.ca/novascotia/1410880-switch-to-new-meds-not-required-for-n.s.-crohn%E2%80%99s-patients )

Espérons que ce respect du patient soit contagieux et que tous les ministres de la Santé des provinces canadiennes emboîtent le pas. De la part des patients: merci!